L’Académie française de la diversité (AFD) est une association loi 1901 dont l’objectif est de mettre à l’honneur l’excellence et la diversité en France.
Par diversité au sens large du terme, nous entendons ce qui fait la richesse d’une société, à la fois sur le plan culturel, religieux, sexuel, et géographique.
S’inspirant de l’académie française, l’AFD entend valoriser et faire connaître les plus illustres représentants de la diversité dans notre pays, dans le monde des lettres, des arts, des sciences et de la culture au sens large du terme.
40 académiciens de la diversité seront sélectionnés dans les 5 prochaines années, soit huit chaque année.
Contrairement aux immortels (académiciens) nommés à vie, les académiciens de la diversité seront nommés pour 5 ans. Ensuite, ils seront déterminés suite à une élection de leurs Pairs.
Pourquoi 40? Ce chiffre a été choisi car nous voulons garder le chiffre symbolique représentant les 40 académiciens actuels. Par ailleurs, nous souhaitons aussi que chaque académicien de l’académie française parraine, sur proposition du bureau de l’AFD, un académicien de la diversité.
J’ai à la fois des questions et des critiques à vous adresser sur la forme de votre concours, et qui intéresseront certainement les lecteurs de votre blog.
Ma première remarque porte sur la contradiction entre le but de votre association qui est de « mettre à l’honneur l’excellence et la diversité en France » et le thème du concours, « est-il des moyens de rendre les Arabes et les Noirs plus heureux et plus utiles à la France ? ». Vous supposez en effet que les Arabes et les Noirs ne sont pas heureux en France et qu’ils ne sont pas utiles à leur pays. Passons sur la provocation de bon aloi que contient ce libellé et allons sur le fond : comment allez-vous mettre à l’honneur l’excellence et la diversité, raciale en l’occurrence, si de toutes les façons, il est sous-entendu que les Noirs et les Arabes, déclarées victimes par principe et confondus, sont non seulement malheureux mais inutiles en France. Pourquoi y vivent-ils malgré tout, est-on tenté de vous demander.
La deuxième remarque concerne l’association des Noirs et des Arabes dans le libellé du sujet. Celui de 1788 ne parlait que des Juifs. Est-ce à dire que les Noirs et les Arabes sont de façon égale malheureux et inutiles en France, et qu’on peut les confondre dans un même sujet ? Et si l’on décide de les confondre, pourquoi n’ajoutez-vous pas les Chinois qui vivent en nombre en France également et qui, s’ils font moins de bruit que les Noirs et les Arabes, ne sont pas, nécessairement, plus heureux en France et moins inutiles ? Pourquoi s’arrêter au Noirs et aux Arabes ? Si vous aviez choisi l’une de ces deux catégories, votre sujet se serait justifié, dès lors que vous passez au pluriel, on ne comprend pas que vous vous limitiez à ces deux couleurs de peau.
Votre acception de la diversité, pourtant « au sens large » croyez-vous bon de préciser, est pour le moins étrange, « à la fois sur le plan culturel, religieux, sexuel, et géographique », c’est-à-dire ce qui « fait la richesse d’une société ». C’est plutôt limité, non seulement pour la définition de la diversité, mais pour ce qui fait la richesse d’une société dont la diversité, raciale par exemple puisque c’est ce qui semble vous turlupiner, n’est pas une condition nécessaire. Certes cela peut apporter, mais vous restreignez votre pensée d’une façon drastique. Enfin, avec une telle acception de la diversité, vue, de surcroît comme ce qui fait seul la richesse d’une société, on imagine avec effroi la constitution de votre « académie de la diversité » : des Noirs, des Arabes, des homosexuels, pas de Chinois, pas de nombreuses autres choses. C’est une diversité entre vous, Mesdames et Messieurs les divers. La diversité c’est à plusieurs, surtout si les Arabes et les Noirs sont suffisamment semblables pour être alliés dans un même sujet de concours. Avez-vous des membres qui sont des catholiques, des protestants ou des Juifs pratiquants, par exemple ? On aurait préféré que votre association réfléchisse davantage au sens du mot « diversité » qui est si dévoyé et employé à toutes les sauces aujourd’hui. Sans cette précaution, votre initiative ne peut se défaire du soupçon sincère qu’elle revient, une fois encore, à poser les Noirs et les Arabes en victimes et à occulter l’idée qu’une diversité puisse être subie plutôt qu’acceptée. C’est là le vrai sujet : la question est de savoir comment passer de la première à la seconde, en comprenant les raisons que la diversité puisse être subie, et cela pour tout le monde et toutes les couleurs de peau. Le rejet, en effet, est rarement à sens unique.
Enfin, dernier propos de votre site pour confirmer les réserves que lève votre projet, « s’inspirant de l’académie française, l’AFD entend valoriser et faire connaître les plus illustres représentants de la diversité dans notre pays. » Compte tenu de votre conception étroite ou dévoyée de la diversité, ce propos renseigne sur la forme des lauréats futurs. En d’autres termes, un catholique blanc a peu de chances de remporter votre prix, même s’il s’est farci, jusqu’au bout, les 120 pages que vous demandez. L’abbé Grégoire du XXIème siècle peut attendre.
Ces raisons expliquent pourquoi je ne peux, personnellement, participer au concours que vous proposez.